Les étapes pour déclarer un salarié avec le CESU

Le recours aux services à la personne connaît une croissance significative en France, avec plus de 3,8 millions de particuliers employeurs recensés en 2024. Cette évolution s’explique par le vieillissement de la population, l’augmentation des foyers biactifs et la simplification des démarches administratives grâce au CESU déclaratif. Ce dispositif, géré par l’URSSAF, permet aux particuliers d’employer légalement un salarié à domicile tout en bénéficiant d’avantages fiscaux substantiels, notamment un crédit d’impôt pouvant atteindre 50 % des dépenses engagées.

La déclaration d’un salarié via le CESU représente bien plus qu’une simple formalité administrative. Elle garantit une protection sociale complète au travailleur, ouvre des droits à la retraite et à l’assurance chômage, tout en sécurisant juridiquement la relation de travail. Pour l’employeur, cette démarche offre une tranquillité d’esprit totale grâce à l’automatisation des calculs de cotisations et à la génération automatique des bulletins de paie.

Conditions d’éligibilité CESU pour l’emploi à domicile

L’utilisation du CESU déclaratif est soumise à des conditions strictes définies par le Code du travail et les décrets d’application. Ces critères déterminent qui peut bénéficier de ce dispositif simplifié et dans quelles circonstances. La compréhension de ces règles constitue la première étape essentielle avant d’entamer toute démarche de déclaration.

Activités de services à la personne autorisées selon le code du travail

Le CESU déclaratif couvre un large éventail d’activités de services à la personne, strictement encadrées par l’article L. 7231-1 du Code du travail. Ces prestations doivent impérativement être réalisées au domicile du particulier employeur pour être éligibles. L’entretien de la maison constitue l’activité la plus courante, incluant le ménage, le repassage, la préparation de repas et les petits travaux de jardinage.

Les services de garde d’enfants à domicile représentent également une part importante des déclarations CESU. Cependant, des restrictions spécifiques s’appliquent selon l’âge des enfants et les modalités d’intervention. Le soutien scolaire et les cours particuliers à domicile figurent aussi parmi les activités autorisées, sous réserve que l’intervenant ne dispense pas d’enseignement dans le cadre d’un établissement scolaire reconnu.

Les activités d’assistance aux personnes âgées, handicapées ou dépendantes nécessitent souvent un agrément spécifique de la part de l’organisme prestataire, mais peuvent être déclarées via le CESU lorsqu’elles sont exercées en emploi direct.

Critères de domiciliation et résidence principale du particulier employeur

Le particulier employeur doit obligatoirement être domicilié fiscalement en France pour utiliser le CESU déclaratif. Cette condition s’étend aux résidents français établis à l’étranger, sous réserve qu’ils conservent leur domicile fiscal français. La notion de domicile s’apprécie au sens de l’article 4 B du Code général des impôts, incluant la résidence principale mais aussi la résidence secondaire.

Les services peuvent être réalisés aussi bien à la résidence principale qu’à la résidence secondaire du particulier employeur. Cette flexibilité permet notamment l’emploi de gardiens, jardiniers

ou employés de maison pour assurer la surveillance, l’entretien courant ou l’accueil dans ces résidences. En revanche, les prestations doivent toujours être réalisées dans un cadre strictement privé : les locaux à usage exclusivement professionnel ou commercial sont exclus du champ d’application du CESU déclaratif.

Il est également nécessaire que le particulier employeur agisse en son nom propre, et non pour le compte d’une société, d’une association ou d’une copropriété. Ainsi, un syndic de copropriété ne peut pas recourir au CESU pour rémunérer un gardien d’immeuble. Enfin, l’adresse du domicile doit être clairement identifiée et déclarée, car elle conditionne notamment la compétence géographique de l’URSSAF et l’application de certaines exonérations éventuelles (zones spécifiques, DOM, etc.).

Limitations horaires et plafonds de rémunération CESU déclaratif

Le CESU déclaratif n’impose pas, en soi, un plafond de rémunération au salarié à domicile, mais l’employeur doit respecter plusieurs limites d’ordre légal, social et fiscal. Sur le plan du temps de travail, le particulier employeur doit veiller à ne pas dépasser les durées maximales prévues par la convention collective et le Code du travail : 48 heures hebdomadaires sur une même semaine et 44 heures en moyenne sur 12 semaines consécutives. Au-delà, des majorations importantes et des contreparties en repos s’appliquent.

Parallèlement, les plafonds de dépenses ouvrant droit au crédit d’impôt pour l’emploi d’un salarié à domicile sont fixés, en principe, à 12 000 € par an, majorés dans certains cas (enfants à charge, personnes de plus de 65 ans au foyer) sans pouvoir dépasser 15 000 €, voire 20 000 € pour les situations de handicap. Autrement dit, vous pouvez rémunérer davantage votre salarié, mais la fraction excédant ces montants ne bénéficiera plus de l’avantage fiscal de 50 %. Il est donc crucial, pour optimiser le recours au CESU déclaratif, de planifier vos besoins annuels en heures de travail.

Enfin, le salaire horaire brut déclaré via le CESU doit toujours être au moins égal au SMIC horaire en vigueur, augmenté, le cas échéant, des minima conventionnels propres au secteur des particuliers employeurs. Un salaire anormalement bas pourrait entraîner un redressement ou un refus de prise en compte par l’URSSAF. À l’inverse, rien n’interdit de verser un salaire plus élevé, dès lors qu’il reste compatible avec vos capacités financières et les plafonds fiscaux applicables.

Exclusions légales : garde d’enfants de moins de 3 ans et soins médicaux

Certaines situations, bien qu’elles relèvent des services à la personne, sont expressément exclues du périmètre du CESU déclaratif ou soumises à des règles particulières. C’est le cas de la garde d’enfants de moins de 3 ans lorsqu’elle ouvre droit au Complément de libre choix du mode de garde (CMG). Dans ce contexte, les parents doivent impérativement utiliser le dispositif Pajemploi, géré également par l’URSSAF, et non le CESU, pour déclarer leur assistante maternelle agréée ou leur garde à domicile.

Les soins médicaux et paramédicaux constituent une autre grande catégorie d’exclusion. Les actes réalisés par des infirmiers, kinésithérapeutes, sages-femmes ou tout autre professionnel de santé conventionné ne peuvent pas être rémunérés via le CESU, même s’ils sont effectués au domicile du patient. Ces prestations relèvent d’un cadre spécifique, souvent pris en charge en partie par l’Assurance maladie, et ne répondent pas à la logique d’emploi direct d’un salarié à domicile.

Sont également exclus les travaux de grande ampleur ou assimilables à des activités artisanales ou commerciales (gros œuvre, rénovation lourde, installations électriques complètes, etc.). Le CESU n’a pas vocation à se substituer à un contrat de prestation de services conclu avec une entreprise professionnelle. En résumé, dès lors que l’activité sort du champ des services à la personne au sens strict ou implique un autre régime juridique (santé, artisanat, commerce), le CESU ne peut pas être utilisé.

Procédure d’adhésion au centre national CESU-URSSAF

Avant de pouvoir déclarer un salarié avec le CESU, le particulier employeur doit s’adhérer au Centre national CESU, service de l’URSSAF dédié à l’emploi à domicile. Cette procédure, largement dématérialisée, vise à créer un compte employeur, à vérifier l’identité du déclarant et à mettre en place les modalités de prélèvement des cotisations sociales. Une fois cette étape franchie, vous pourrez gérer l’ensemble de vos déclarations depuis un espace en ligne sécurisé.

Création du compte employeur sur cesu.urssaf.fr

La création du compte employeur s’effectue directement sur le site officiel cesu.urssaf.fr. Vous devez cliquer sur l’onglet dédié aux particuliers employeurs puis sélectionner l’option “Créer mon compte”. Un formulaire d’inscription vous est proposé, dans lequel vous renseignez vos informations personnelles : état civil complet, adresse postale, adresse électronique et numéro de téléphone. Ces données permettront de sécuriser vos accès et de recevoir les notifications importantes (rappels d’échéance, attestations, etc.).

Le site vous demande également votre numéro de sécurité sociale, indispensable pour vous identifier auprès de l’URSSAF. En quelques minutes, votre compte est créé et un identifiant vous est attribué. Vous définissez ensuite un mot de passe personnel et sécurisé, que vous utiliserez à chaque connexion. Si vous préférez, il reste possible d’adhérer par papier, mais le traitement est plus long et vous risquez de perdre l’avantage de la télédéclaration en temps réel.

Une fois votre compte activé, vous accédez à un tableau de bord où vous pourrez enregistrer vos salariés, consulter l’historique de vos déclarations, télécharger vos attestations fiscales et suivre l’évolution de vos prélèvements. Cet espace est au cœur de la gestion de votre emploi à domicile : il centralise toutes les informations nécessaires, un peu comme le ferait un logiciel de paie simplifié.

Documents justificatifs obligatoires : RIB, pièce d’identité et justificatif de domicile

Pour finaliser votre adhésion au Centre national CESU, certains justificatifs peuvent vous être demandés afin de sécuriser les prélèvements et de vérifier votre identité. Le document clé est le relevé d’identité bancaire (RIB), qui permettra à l’URSSAF de prélever automatiquement les cotisations sociales dues au titre des salaires déclarés. Sans ce RIB, aucune déclaration ne pourra être traitée, puisque le dispositif repose sur un système de prélèvement automatique.

Dans certains cas, notamment en cas de doute ou de contrôle, une copie de votre pièce d’identité (carte nationale d’identité, passeport, titre de séjour) peut être exigée pour confirmer que vous êtes bien le titulaire du compte CESU. De même, un justificatif de domicile récent (facture d’énergie, avis d’imposition, quittance de loyer) peut être sollicité pour attester de votre domiciliation en France, condition essentielle pour l’utilisation du CESU et l’éligibilité au crédit d’impôt.

Conserver ces documents à portée de main vous fera gagner un temps précieux en cas de demande de l’URSSAF. Même si, dans la plupart des cas, l’adhésion se fait sans envoi matériel de pièces, il est prudent de prévoir un dossier numérique ou papier regroupant vos justificatifs, votre numéro CESU et, plus tard, les contrats de travail et attestations liées à vos salariés.

Activation du numéro CESU et réception du carnet de volets sociaux

Après votre inscription, l’URSSAF vous attribue un numéro CESU employeur. Ce numéro, personnel et unique, sert de référence pour toutes vos démarches et permet d’identifier vos déclarations au niveau national. Vous pouvez le retrouver à tout moment dans votre espace en ligne, sur vos courriers de l’URSSAF ou sur vos attestations fiscales. Il est recommandé de le conserver précieusement, au même titre que votre numéro de sécurité sociale.

Historiquement, le Centre national CESU adressait aux employeurs un carnet de “volets sociaux” papier, à remplir et à renvoyer chaque mois. Si ce système subsiste encore de manière résiduelle pour certains publics, la tendance est clairement à la dématérialisation totale des déclarations via Internet. L’activation de votre numéro CESU se matérialise donc surtout par la possibilité, dès votre première connexion, d’enregistrer un salarié et de saisir une première déclaration en ligne.

Si vous optez tout de même pour les volets sociaux papier, sachez que les délais de traitement seront plus longs et que vous devrez respecter scrupuleusement les dates d’envoi pour éviter tout retard de déclaration. À l’inverse, la télédéclaration vous offre une confirmation quasi immédiate de la prise en compte de vos données et la possibilité de les corriger avant la date limite.

Paramétrage des coordonnées bancaires pour les prélèvements automatiques

Le prélèvement automatique des cotisations sociales est au cœur du fonctionnement du CESU déclaratif. Dès l’adhésion, vous devez donc renseigner votre IBAN dans votre espace employeur. Ce paramétrage s’effectue dans la rubrique dédiée aux moyens de paiement et peut être modifié ultérieurement en cas de changement de banque. Une autorisation de prélèvement SEPA est alors générée et acceptée de manière électronique.

Concrètement, après chaque déclaration mensuelle de salaire, l’URSSAF calcule les cotisations sociales (part salariale et patronale) et programme le prélèvement sur votre compte bancaire. Vous êtes informé à l’avance de la date et du montant via un avis de prélèvement disponible en ligne. Ce système vous évite d’avoir à effectuer un virement manuel ou d’envoyer un chèque, et limite considérablement les risques d’oubli ou de retard.

Si vous choisissez le service optionnel Cesu+, le paramétrage bancaire va un peu plus loin : l’URSSAF prélève non seulement les cotisations, mais aussi le salaire net de votre salarié, qu’elle reverse ensuite directement sur son compte. Vous n’avez alors plus qu’une seule opération à assurer : la déclaration des heures. C’est un peu comme confier votre “mini-service de paie” à l’URSSAF, tout en gardant la main sur le planning et les conditions de travail.

Modalités de déclaration mensuelle du salarié CESU

Une fois votre compte CESU employeur actif et vos coordonnées bancaires paramétrées, vous pouvez passer à l’étape clé : la déclaration mensuelle de votre salarié à domicile. Cette formalité, récurrente, permet à l’URSSAF de calculer les cotisations, d’éditer le bulletin de salaire et de mettre à jour les droits sociaux de votre employé. Pour que tout se déroule sans accroc, il est essentiel de bien calculer les heures travaillées, d’intégrer correctement les congés payés et de déclarer, le cas échéant, les frais professionnels et heures supplémentaires.

Calcul des heures travaillées et application du SMIC horaire

Le point de départ de votre déclaration CESU est le nombre d’heures réellement effectuées par votre salarié durant le mois. Il est conseillé de tenir, avec lui, un tableau mensuel des heures (papier ou numérique) mentionnant les jours, les heures de début et de fin de travail, ainsi que les éventuelles pauses non rémunérées. Cette traçabilité vous permettra d’éviter les oublis et les erreurs de calcul au moment de la télédéclaration.

Le salaire horaire que vous déclarez doit respecter au minimum le SMIC horaire brut en vigueur, ainsi que les éventuels minima supérieurs prévus par la Convention collective nationale des particuliers employeurs et de l’emploi à domicile. Dans la pratique, vous indiquez le salaire horaire net, et la plateforme CESU se charge de reconstituer le brut et d’appliquer les taux de cotisation correspondants. Cette automatisation vous évite de manipuler des barèmes complexes, souvent source d’erreurs.

Vous pouvez, bien entendu, convenir avec votre salarié d’un taux horaire plus favorable que le minimum légal, notamment s’il dispose d’une expérience particulière ou de qualifications spécifiques (diplôme d’auxiliaire de vie, par exemple). L’important est de toujours rester cohérent et transparent : votre salarié doit savoir combien il gagne à l’heure, et vous devez être capable d’anticiper le coût total, cotisations comprises.

Intégration des congés payés selon la méthode du dixième

La question des congés payés est souvent source de confusion pour les particuliers employeurs. Pourtant, la règle est simple : tout salarié a droit à des congés payés, même s’il travaille seulement quelques heures par semaine. Pour l’emploi à domicile, deux méthodes principales existent pour rémunérer ces congés : le maintien du salaire pendant la période de congé, ou l’indemnité de congés payés calculée selon la méthode dite du “dixième”.

Avec la méthode du dixième, l’indemnité de congés payés correspond à 10 % de la rémunération brute totale perçue par le salarié durant la période de référence. Dans le cadre du CESU, la pratique la plus répandue consiste à majorer le salaire horaire de 10 % chaque mois, ce qui permet de verser les congés “au fil de l’eau” plutôt que de gérer un paiement distinct lors de la prise de vacances. Lors de votre déclaration, il vous suffit de cocher la case indiquant que les congés payés sont inclus.

Cette méthode présente un avantage : elle simplifie la gestion de la paie et évite les régularisations complexes en fin de contrat. En contrepartie, vous devez bien expliquer à votre salarié que son salaire intègre déjà ses congés payés, afin d’éviter toute incompréhension lorsqu’il prendra effectivement ses jours de repos. Vous le voyez, intégrer les congés payés au CESU n’est pas plus compliqué que d’ajouter une ligne à un relevé d’heures.

Déclaration des indemnités kilométriques et frais professionnels

Dans certains cas, votre salarié à domicile est amené à utiliser son véhicule personnel pour se rendre chez vous ou pour effectuer des déplacements dans le cadre de ses missions (courses, accompagnement, etc.). Ces frais ne sont pas, en principe, inclus dans son salaire : ils doivent faire l’objet d’un remboursement distinct, souvent sous la forme d’indemnités kilométriques calculées selon un barème de référence (barème fiscal ou barème conventionnel).

Le CESU permet de distinguer clairement le salaire proprement dit des remboursements de frais professionnels. Lors de la déclaration, vous pouvez indiquer séparément le montant de ces indemnités, qui ne sont pas soumises à cotisations sociales dans la limite des plafonds admis. C’est un peu comme si vous sépariez, sur une note de restaurant, le prix du repas et le pourboire : l’un relève de la rémunération, l’autre de la prise en charge de frais engagés pour le compte de l’employeur.

Pour sécuriser ces remboursements, il est recommandé de conserver les justificatifs (relevés kilométriques, tickets de parking, factures de carburant si nécessaire) et de prévoir, dans le contrat de travail, les modalités de prise en charge des déplacements. En cas de contrôle, vous pourrez démontrer que ces sommes ne constituent pas un complément de salaire déguisé, mais bien le remboursement de frais réels.

Gestion des heures supplémentaires au-delà de 40h hebdomadaires

Lorsque votre salarié effectue un volume important d’heures, vous pouvez être confronté à la question des heures supplémentaires. Dans le secteur des particuliers employeurs, les durées maximales et les majorations sont encadrées par la convention collective et le Code du travail. De manière générale, les heures effectuées au-delà de la durée hebdomadaire de référence (souvent 40 heures pour un temps plein, selon l’organisation du travail) doivent être rémunérées avec une majoration, par exemple 25 % pour les premières heures supplémentaires.

La bonne pratique consiste à anticiper ces dépassements avec votre salarié, notamment lors de périodes particulières (retour de maternité, convalescence, fin d’année scolaire, etc.). Vous notez précisément le nombre d’heures supplémentaires réalisées et les intégrez dans votre déclaration CESU en distinguant, si besoin, les heures au taux normal et les heures majorées. Même si la plateforme ne gère pas automatiquement tous les cas de figure complexes, vous pouvez ajuster le taux horaire pour refléter la majoration due.

Gardez à l’esprit que les heures supplémentaires répétées traduisent souvent un besoin structurel de main-d’œuvre plus important. Si, mois après mois, vous dépassez largement les 40 heures hebdomadaires, il peut être plus pertinent de revoir l’organisation (embauche d’une seconde personne, répartition des tâches, etc.) plutôt que de faire reposer toute la charge de travail sur un seul salarié. C’est une question à la fois de conformité juridique et de santé au travail.

Télédéclaration via l’espace employeur et validation avant échéance

La télédéclaration est aujourd’hui le mode de déclaration privilégié, voire quasi exclusif, pour les particuliers employeurs utilisant le CESU. Chaque mois, vous vous connectez à votre espace employeur, sélectionnez le salarié concerné, renseignez la période de travail, le nombre d’heures, le salaire horaire net, les éventuelles indemnités et cochez la case relative aux congés payés si nécessaire. Avant de valider, vous pouvez visualiser un récapitulatif détaillé.

La date limite de déclaration est fixée au 5 du mois suivant la période de travail. Passé ce délai, votre déclaration reste possible, mais vous risquez un décalage dans l’édition du bulletin de salaire et le prélèvement des cotisations. Pour éviter ces décalages, de nombreux employeurs choisissent une “routine” : par exemple, déclarer systématiquement leur salarié le dernier jour du mois ou le premier jour du mois suivant. Cette habitude réduit les risques d’oubli, surtout lorsque vous faites appel à plusieurs intervenants.

En cas d’erreur (heures mal saisies, oubli d’une journée, montant de salaire incorrect), vous pouvez modifier votre déclaration tant que la date limite n’est pas dépassée. La dernière version enregistrée est celle qui sera prise en compte par l’URSSAF. Si vous vous rendez compte de l’erreur après coup, il faudra effectuer une régularisation via une nouvelle déclaration ou contacter le service CESU pour être guidé. Là encore, mieux vaut prévenir que guérir : un contrôle minutieux avant validation vous épargnera bien des démarches ultérieures.

Obligations sociales et fiscales du particulier employeur

L’utilisation du CESU déclaratif ne transforme pas le particulier employeur en expert en droit social, mais elle ne le dispense pas non plus de respecter un socle d’obligations légales. Derrière la simplicité de l’outil se cachent en réalité les règles classiques du droit du travail : respect de la durée du travail, paiement du salaire à échéance régulière, remise des documents de fin de contrat, etc. Le CESU agit comme un “assistant administratif”, mais la responsabilité juridique finale demeure entre vos mains.

Sur le plan social, vous devez notamment appliquer la Convention collective nationale des particuliers employeurs et de l’emploi à domicile, qui précise les minima salariaux, les majorations, les périodes d’essai, les modalités de rupture du contrat et de préavis. Vous êtes également tenu de garantir la santé et la sécurité de votre salarié à domicile : environnement de travail adapté, consignes claires, matériel en bon état. Une chute dans un escalier mal éclairé ou l’utilisation d’un produit ménager dangereux sans protection pourrait, par exemple, engager votre responsabilité.

Sur le plan fiscal, les dépenses engagées pour l’emploi d’un salarié à domicile via le CESU ouvrent droit, sous conditions, à un crédit d’impôt de 50 % dans la limite des plafonds en vigueur. Chaque année, l’URSSAF met à votre disposition une attestation fiscale récapitulant les montants versés (salaires et cotisations). Vous devez reporter ces montants dans votre déclaration de revenus, dans la rubrique dédiée aux “emplois à domicile”. En cas d’option pour l’avance immédiate du crédit d’impôt, ce mécanisme est en grande partie automatisé, mais il reste utile de vérifier la cohérence des données.

Enfin, en tant qu’employeur, vous êtes responsable de la conservation de certains documents : contrats de travail, attestations d’emploi, relevés de déclaration CESU, échanges importants avec votre salarié. Ces pièces peuvent être utiles en cas de litige (contestation de salaire, heures supplémentaires, rupture du contrat) ou de contrôle administratif. On peut comparer cela à la tenue d’un “dossier salarié” simplifié, moins volumineux que dans une entreprise classique, mais tout aussi essentiel pour sécuriser la relation de travail.

Droits du salarié et formalités administratives complémentaires

Employer un salarié à domicile via le CESU, c’est lui offrir un cadre de travail légal et protecteur. Le salarié bénéficie d’une couverture sociale complète : assurance maladie, retraite de base et complémentaire, assurance chômage, prévoyance, etc. Chaque déclaration de salaire renforce ses droits, qu’il s’agisse de valider des trimestres de retraite, d’ouvrir des droits au chômage ou de justifier de ses revenus auprès d’un bailleur. C’est l’un des atouts majeurs du CESU par rapport au travail non déclaré.

Au quotidien, le salarié a droit au respect de sa vie privée, à des horaires prévisibles, à une rémunération conforme aux minima conventionnels et à des congés payés. Il doit être informé clairement de ses missions, de l’organisation de son temps de travail et des règles de sécurité applicables à votre domicile. Vous pouvez, par exemple, afficher une petite note près des produits ménagers rappelant les précautions d’usage, ou expliquer les spécificités de certains équipements (chaudière, alarme, portail électrique).

En complément des déclarations CESU, certaines formalités administratives restent à votre charge. La première est la rédaction d’un contrat de travail écrit, obligatoire dès que le salarié travaille plus de 8 heures par semaine ou plus de 4 semaines consécutives dans l’année. Ce contrat précise notamment la qualification, le salaire, la durée du travail, le lieu d’exercice, la période d’essai et les conditions de rupture. Vous devez également remettre, à la fin du contrat, un certificat de travail, un reçu pour solde de tout compte et une attestation destinée à France Travail (ex-Pôle emploi), documents que le service CESU peut vous aider à générer.

Enfin, le salarié peut souhaiter adhérer à une organisation syndicale ou s’informer sur ses droits via des structures spécialisées (fédérations professionnelles, associations d’aide à domicile, etc.). De votre côté, vous pouvez vous rapprocher de fédérations de particuliers employeurs (comme la FEPEM) pour obtenir des conseils personnalisés. En conjuguant les facilités offertes par le CESU et une bonne connaissance des droits et devoirs de chacun, vous construisez une relation de travail sereine, durable et équilibrée, au bénéfice de tous.

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